Je fais suite à l’article d’Oleg Shilovitsky « homegrown PLM, focused tools and dis-integration » que j’ai récemment commenté. Il y parle de la désintégration du PLM et de la création « fait maison » de solutions PLM dans certains contextes. J’aborderai sûrement le point du PLM customisé dans un autre article. Aujourd’hui je veux aborder la question de l’intégration des solutions PLM.

Dans la majorité des présentations de solutions PLM que j’ai pu réaliser depuis 2009, il m’a été demandé à un moment où à un autre si la solution que je présentais pouvait s’intégrer avec telle ou telle autre solution. La question venait initialement majoritairement de besoins CAO, mais petit à petit, il était demandé de présenter des intégrations avec les ERP (ex:pousser une nomenclature vers SAP), de présenter des intégrations avec des outils de reporting, de s’intégrer avec des solutions legacy de gestion de documentation, etc.

do you have an integration with X?

Comme j’ai plus un profil d’avant-vente, un commercial bien luné qui m’accompagnerait me dirait qu’il faut répondre au besoin spécifique. L’intégration c’est clé et ça fait la différence avec les autres éditeurs car on sait (ou croit savoir) que l’alternative serait du développement customisé coûteux et compliqué à maintenir. Ce à quoi je réponds, NON. Je me dois d’éduquer plutôt que de vendre (ça fait très prétentieux, mais un de mes rôles est de mitiger le risque pour mes clients). Attention je ne dis pas que je refuserai de présenter toute intégration existante. Je pense qu’il faut introduire correctement le sujet des intégrations.

you don’t know what X will be next year

Le problème posé revient à la problématique du « PLM resilient ». On ne sait pas quels vont être les systèmes à intégrer dans 2, 3, 5 ans et plus. Se satisfaire d’une ou deux intégrations spécifiques et critiques aujourd’hui ne vous sécurise pas d’intégrations à risque dans le futur. C’est pourquoi j’estime que la réponse des éditeurs PLM ne doit pas être de proposer des intégrations, mais plutôt de montrer pourquoi leur solution rend et rendra encore dans le futur les intégrations simplifiées. Mais cela ne changera pas, les éditeurs PLM communiquent sur ce que vous voulez entendre. C’est donc à l’inverse la question que vous devez poser aux éditeurs lorsque vous les évaluez.

 

what makes you easy to integrate with any other system?

Sur une telle question, vous pouvez vous attendre à différents arguments:

  • la base de données est en clair
  • nous avons des webservices
  • nous avons un langage de requête simple
  • nous avons des exports Excels

Ne vous limitez pas à ces réponses. Impliquez des experts IT de votre côté quitte à impliquer des consultants externes pour vous aider dans cette démarche. Assurez-vous que les personnes en face de vous expliquent et démontrent la capacité de la solution à s’intégrer avec vos systèmes existants et les systèmes de demain.

  • Base de données en clair => montrez la et connectez un outil de BI pour voir comment la facilité de traitement des données
  • Webservices => demandez une démonstration de consommation de ces webservices
  • Langage de requête => essayez de comprendre ce langage de requête et comment il peut être exploité
  • Exports Excels => avec quelle modularité, quelle simplicité d’usage, validez cela.

Le sujet ne doit pas être ignoré en se disant que c’est un domaine d’experts. Le moins vous en savez sur la boite noire que vous achetez le plus le risque que vous prenez sera important.

Posted by Yoann Maingon

Consultant PLM avec des expériences autant côté métier que dans l’implémentation technique de solutions PLM et d’intégrations de systèmes, je partage avec vous mes expériences, mes recherches et mes développements à travers ce blog.