Avec un peu de délai, voici le 3ème volet de notre revue de lecture de l’ouvrage Engineering Documentation Control Handbook. J’ai dû mal à valider cette partie. Je comprends le contexte de sa rédaction et encore une fois la cible de lecteurs très orienté PME industrielle. Mais les conseils qui sont apportés ici se regroupent principalement sous deux catégories :

  1. Un manque d’adéquation avec un système d’information moderne.
  2. Un manque d’altitude sur la réflexion de rendre les éléments génériques.

Adéquation avec les systèmes d’information

Que ce soit pour la codification du document (l’ouvrage a une façon étonnante, très « document-centric », de gérer « document # » et « part # ») ou pour la réflexion sur la codification significative des « Part Number » l’auteur décrit beaucoup de situations et décisions qui n’ont pas lieu d’être si vous avez une plateforme qui vous permet de garantir une bonne continuité numérique. Intégrer une référence au lieu de production dans le numéro de série n’a pas de sens sauf si vous voulez faciliter la lecture de la provenance du produit, mais cela ne doit pas être justifié par un problème de traçabilité technique. Je crains que l’ouvrage propose un certain nombre de mesures qui n’ont pas de sens à partir du moment où vous prenez les bons outils. Cependant, si vous reprenez chaque avertissement, cela vous permet de valider votre sélection d’outils.

Rendre générique les décisions d’identification d’objets PLM

Dans cet ouvrage nous sommes encore trop souvent dans le « vous pouvez faire telle ou telle chose en fonction de votre domaine » sans pour autant avoir une réflexion pour rendre générique les éléments d’identification d’objets. L’auteur nous dit que s’il y a une production multisites il est préférable d’avoir des numéros de série qui identifient le lieu de production ou alors de s’assurer d’avoir une prise de référence avec une maîtrise de l’unicité !!! J’ai l’impression de retrouver en fait le cas typique du consultant PLM qui passe son temps à parler d’expériences clients, et à réaliser des configurations d’environnement PLM en se basant sur ces expériences mais en reproduisant des verticaux métiers sans standardiser une approche.

Le manque de généralisation est aussi lié au manque de discernement entre le domaine de la conception et le domaine de la fabrication. Sur le sujet des révisions, l’auteur conseil de ne pas stocker des articles en les triant par version. Cela n’est pas une problématique de conception, ni de PLM. Attention je ne dis pas que la production n’apparaît pas dans le périmètre du PLM mais lorsque l’on met un système de révision en place il faut savoir cloisonner les problématiques.

Enfin, avant de fournir ma propre analyse du sujet, je voulais rajouter un élément de limite de cet ouvrage. C’est son côté « document-centric ». Par exemple dans le paragraphe sur ce qui devrait ou ne devrait pas avoir un « Part-Number » il décrit quels sont les documents qui devraient avoir un
« Part-Number » . Il en conclut, tout ce qui est envoyé au client doit avoir un
« Part-Number » , pas le reste ! Même si l’ouvrage s’appelle Engineering Documentation Control Handbook, s’il devait être écrit aujourd’hui, il faudrait reconsidérer le fait que l’article n’est plus créé par son plan. Il existe en amont par la description des exigences auxquelles il va devoir répondre.

Ma réflexion sur le sujet

Codification

La codification est pour l’être humain. Techniquement, on sait gérer l’unicité et les liens entre révisions sans la codification. C’est donc un champ utile pour référencer un objet de manière rapide, C’est un élément qui doit être simplement configurable à la mise en place d’un projet. Plus vous y mettez de signification, plus vous prenez de risque que le code devienne obsolète (ex: si vous intégrez la classification dans le
« Part-Number » mais que cette classification change un jour, ex: fusion de deux entreprises). Le tout c’est de ne pas poser de contrainte technique forte sur ce point.

Revisions

Je reviendrai sur la question des révisions dans les chapitres sur l’interchangeabilité et le change management. Ici il est surtout question de gérer les révisions au niveau des documents : « est-ce que j’incrément ma révision sur toutes les pages de ma liasse de plans! ». Vraiment d’une autre époque pour moi :).

Prochain chapitre : Interchangeabilité et Pièces de rechange.

Posted by Yoann Maingon

Consultant PLM avec des expériences autant côté métier que dans l'implémentation technique de solutions PLM et d'intégrations de systèmes, je partage avec vous mes expériences, mes recherches et mes développements à travers ce blog.

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *