Je n’aurais pas la prétention de définir ce qu’est en détail l’usine 4.0. La première raison étant que je ne maîtrise pas le sujet, la deuxième raison étant qu’il existe bien trop de définitions et de concepts autour de ce sujet. Le cadre de l’usine 4.0 évolue chaque jour passant, au rythme effréné des technologies qu’elle compte embarquer. Cet article vise donc à offrir un aperçu des impacts envisageables de cette révolution à venir.

Tentative de définition de l’ usine 4.0

L’usine 4.0, comme 4ème révolution industrielle (nous sommes actuellement dans la 3ème), est une usine « intelligente » qui compte tirer parti des technologies de l’« Internet des objets ». Cette usine, lorsqu’elle sera parvenue à définir ses standards de communication, offrira une interaction pleine entre robots, opérateurs, chariots, stocks, ERP, etc… L’usine intelligente se veut flexible, elle remise au placard la bonne vieille ligne de production série avec ses étapes chronométrées et sa standardisation pour faire la part belle à la customisation, la modularité et l’utilisation à plein de l’outil de production.

L’ usine 4.0 d’Audi

Par exemple, l’usine en cours de conceptualisation chez Audi prévoit que son usine soit un assemblage de modules de production, que les véhicules en cours de production soient placés sur des wagons autonomes (des voitures autonomes sur des voitures autonomes…) qui naviguent de modules en modules. Vous pouvez en savoir davantage sur cet article du Monde.

L’ usine 4.0 d’Adidas

Un autre exemple de concept d’usine révolutionnaire basé sur l’Usine 4.0 est l’usine du futur d’Adidas. Cette usine Adidas se veut de la taille d’un 38 tonnes pour produire des chaussures sur-mesure et localement dans les villes ou la demande l’exige. Vous pouvez en savoir davantage en allant visiter cet article des Echos.

Je vous ai cité deux exemples Allemands. Nos amis Allemands ont un temps d’avance avec une impulsion très importante du gouvernement pour engager cette nouvelle révolution. Vous pouvez vous référer à cette introduction de la BPI qui m’a aidé à créer cette synthèse.

Les impacts

L’usine 4.0 aura des impacts non négligeables sur :

  • La coopération homme-robot,
  • L’organisation du travail,
  • La réalité augmentée (par exemple permettant aux ouvriers d’apercevoir les processus de production),
  • La flexibilité et par conséquent une supposée plus grande « customisation»,
  • Les phases de développement et la façon de concevoir,
  • Les standards industriels,
  • La relation avec les clients et les fournisseurs
  • …et l’emploi

L’usine 4.0 c’est aussi un marché très prometteur avec de nouveaux acteurs, de nouvelles technologies, de nouveaux standards.

Et le PLM dans tout ça?

Et vous l’avez sans doute déjà compris, l’usine 4.0 aura également un impact fort sur le PLM et les solutions le supportant.

Qu’en pensez-vous ? Entrevoyez-vous déjà des changements dans votre façon de concevoir ?

Posted by Matthieu Aubron

System Thinker for complex industrial projects Consultant en ingénierie système et plus globalement en organisationnel pour l'industrie.

  • Urban

    les allemands communiquent beaucoup autour de l’usine 4.0 (que nous, français, appelons usine du futur) car, en particulier, ils ont un marché des équipements à défendre.
    voir par exemple le livre « Industrie 4.0 Les défis de la transformation numérique du modèle industriel allemand » de Dorothée Kohler et Jean-Daniel Weisz à La documentation fraçaise soutenu par La Fabrique de l’Industrie et Bpifrance.
    Le point clé est la possibilité de faire « communiquer » les produits (ou sous-ensembles) avec leur environnement machine et robots pour rendre plus flexibles les gammes de fabrication. Cela existait déjà dans les ateliers de ‘industrie automobile il y a 20 ans !
    Comme trop souvent les « médias » s’enthousiasment pour les sujets auxquels ils ne comprennent pas grand chose, pourvu que ce soit « à la mode » . Allez voir la Hype Curve du Gartner Group !
    Oui cela va jouer sur lea approches PLM : il va falloir s’occuper sérieusement de la description des procédés (les gammes) autant que des définitions des « produits ». C’est ce que je désigne par l’acronyme PDM II.
    (note il semble que l’un des pointeurs du message reçu soit erroné)